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L'orthographe, une norme sociale

B. Wynants, Mardaga, 1997, 284 p.

La transformation des normes de l'écriture est au cœur des mutations politiques et culturelles contemporaines et elle peut nous en donner une clé de compréhension. L'orthographe n'est pas un code purement technique ; c'est une norme sociale, cristallisation d'échanges sociaux complexes. Comment a-t-elle été construite, comment lui a-t-on donné sens et comment se transforme-t-elle ? Fixée au XIXe siècle, l'orthographe française est prise aujourd'hui dans un réseau de pratiques et de discours contradictoires : le code lui-même est resté stable (à quelques exceptions près) mais les usages, et surtout les significations qui lui sont accordées ont profondément changé.
La transformation du rapport à l'orthographe est particulièrement sensible sur deux terrains : l'école et l'espace public français, notamment à l'occasion de la « guerre du nénufar », qui a fait rage au cours de l'hiver 90-91. À l'école, l'orthographe est prise dans les contradictions entre différentes logiques d'activités : la sélection scolaire, la hiérarchie des savoirs et les principes pédagogiques. Et elle apparaît, dans le débat public sur la réforme, profondément déchirée entre deux définitions de la dynamique sociale qui étaient encore étroitement articulées au XIXe siècle : l'intégration et la cohésion sociales. Le paradoxe de l'orthographe tient à ce que le code résiste jusqu'à présent à ce double éclatement, celui des principes de l'activité dans le cadre scolaire et celui des définitions de la société.

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Grammont

Les plus grands linguistes, comme Maurice Grammont, n'ont pas hésité à remplacer les lettres grecques et similaires par leurs correspondants français.

Maurice Grammont, Compte rendu du Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure, Revue des langues romanes, n° 53, 1916, p. 402-410.