EROFA aujourd’hui et demain

Cela fait maintenant dix ans que nous avons créé EROFA et que vous nous manifestez votre confiance. Nous vous en remercions très sincèrement.
Ces dix ans ont essentièlement été consacrés à la rédaction et publication de six livrets qui ont porté sur la simplification des consones doubles, le remplacement du X final par S, la réduction des lètres grecques, l’acord du participe passé et enfin le Dictionnaire de l’orthographe rationalisée du français, ouvrage de sintèse de 500 pages portant sur 15.000 mots. Tous ces sujets ont fait leur chemin dans l’esprit des gens et sous la plume des journalistes. On ne peut plus douter que la notion d’évolution de l’ortografe soit aujourd’ui admise, même dans les milieus conservateurs.
Je rapèle ici quelques principes fondamentaus qui guident notre action.
Chaque livret porte sur un point et un seul, ce qui nous semble primordial pour qu’il se fixe dans la mémoire des usagers.
Nous métons en avant des règles simples, de grande portée, faciles à comprendre et à mémoriser, ce qui nous distingue des réformes antérieures.
Chaque domaine a fait l’objet d’une étude exaustive de la totalité d’un corpus préalablement défini et traité par l’aplication d’une démarche rigoureuse et métodique.
Notre objectif est évidemment de parvenir à une réforme, mais nous n’avons pas la naïveté de penser qu’une tèle réforme puisse être imposée autoritairement, quand bien même les institutions le souhaiteraient, ce qui n’est pas le cas, il s’en faut de beaucoup. Notre stratégie est bien plutôt de faire prendre conscience aus usagers qu’une tèle évolution est naturèle : on n’écrit plus come Villon ou Montaigne et, puisque l’on fait sans cesse référence à la langue de Molière, souvenons-nous que Molière écrivait Le Misantrope.
Cète évolution doit prendre en compte cèle de la société. Le dévelopement de la messagerie numérique entraine inexorablement la multiplicité des messages écrits par un nombre de plus en plus élevé de gens et rédigés de plus en plus rapidement.
Notre action et nos propositions ont pour objectif principal de montrer qu’il existe une voie que l’on pourrait qualifier de moyène, qui écarte à la fois le conservatisme et le laxisme. Èle consiste à ne plus considérer come fautive une grafie qui s’écarte de la norme mais est rationèle. Pourquoi défendre l’acord du participe passé avec avoir, hérité du XVIe siècle, alors qu’un nombre croissant de gens ne le respecte plus et que les justifications qui en sont donées sont fort discutables. Pourquoi écrire consonne  avec deux n  et consonantique avec un seul ?
Libérons-nous d’un carcan qui ne fait que brider l’expression, qui cède sous la pression de l’usage et empruntons cète voie nouvèle.
Ouvrons les fenêtres et respirons l’air sain de cète logique.
Claude Gruaz