WILMET M.

  • Petite Histoire de l'orthographe Française

Dans l’histoire du langage, l’écriture arrive en second et se règle donc sur la prononciation. Pour qu’elle soit dite « phonétique », il suffit qu’à chaque phonème corresponde un seul et même graphème. L’idéal… Quasi réalisé en latin, approché en italien et en espagnol, mais largement inaccessible en français. Pourquoi ?

La cause essentielle tient à l’accroissement du nombre de phonèmes sans augmentation concomitante du nombre de graphèmes. S’ajoutent, au Moyen Âge, le souci ornemental d’étoffer les mots trop courts et, à la Renaissance, des préoccupations étymologiques d’érudits (parfois mal informés).

C’est aussi au XVIe siècle qu’apparaissent les premières velléités de réformes. Les volumes successifs du Dictionnaire de l’Académie auront beau adopter quelques propositions simplificatrices, elles se raréfient d’une édition à l’autre, surtout à partir de l’enseignement obligatoire, dont l’orthographe devient le fer de lance. La dernière tentative en date remonte à 1990. Ses allures de croisade valent qu’on s’y attarde.

Marc Wilmet est professeur émérite à l’Université libre de Bruxelles et membre de l’Académie royale de Langue et de Littérature françaises. Professeur invité de nombreuses universités étrangères, il fut aussi président de la Société internationale de linguistique romane.

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  • Grammaire rénovée du français, Marc Wilmet, Collection : Langue française - Ouvrages de référence, Editeur : De Boeck



La grammaire n’a jamais eu bonne presse. Les sculpteurs médiévaux la représentaient au fronton des cathédrales sous les traits d’une figure sévère et brandissant la férule. Deux cents ans de manuels scolaires, depuis Lhomond (1780) jusqu’à Grevisse (1980), n’ont pas vraiment cassé cette image rébarbative, bien au contraire.

Pourquoi, dans de telles conditions, et par quel curieux masochisme, les pays de culture française imposent-ils un apprentissage grammatical précoce alors que pleuvent les critiques ou les doutes relatifs à son efficacité ?

La cause première tient à l’épouvantail orthographique. La grammaire serait nécessaire aux accords (accord du verbe avec le sujet, accord du participe passé avec le sujet ou avec le complément d’objet direct, accord de l’épithète, de l’attribut avec « le mot auquel ils se rapportent », variation en genre et en nombre des adjectifs verbaux, pluriel des noms composés, etc.). Inculquée très tôt, ravalée à un recueil de recettes et de formules quasi incantatoires, peu regardante à la précision, sourde aux contradictions, elle quitte le statut de science. Quand sonne ou pourrait sonner l’heure de l’approfondissement linguistique, le mal est fait.

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  • Le participe passé autrement. Protocole d'accord, exercices et corrigés, M. Wilmet
    Duculot, coll. Entre guillemets, 1999, 130 p.


    Un linguiste d'aujourd'hui affronte l'éternel pont aux ânes de la grammaire scolaire : l'accord du participe passé.
    Cet ouvrage aurait pu s'intituler « le participe passé sans faute » (car il enseigne une méthode à la fois rapide, sûre et rigoureuse pour parvenir à l'orthographe normativement requise) mais plus encore « le participe passé intelligemment ». Son ambition, au-delà du premier objectif pratique, est en effet d'exercer la réflexion, le sens de la langue et la perception des nuances.
    Ainsi, le temps économisé à l'école va de pair avec un authentique progrès de la compétence en français.

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  • Grammaire critique du français, M. Wilmet
    4e édition, De Boeck, 2007, 758 p.


    En matière de langue française, les manuels ne manquent pas et les étiquettes se multiplient : grammaire « descriptive », grammaire « raisonnée », grammaire « structurale », grammaire « méthodique », grammaire « systématique »...
    Dans cette première grammaire « critique », les analyses souvent divergentes des grammairiens traditionnels et des linguistes sont exposées, classées, comparées, jugées, corrigées ou amendées.
    Au travers des classes de mots, de la phrase simple et de la phrase complexe, des « natures » et des « fonctions », l'auteur convie à une promenade intellectuelle les étudiants, le public cultivé et, au premier rang, les professeurs de français fatigués des inconséquences de la grammaire scolaire.
    Pourquoi priver les élèves d'informations enrichissantes sur l'extraordinaire outil qu'est le langage des hommes ? Une grammaire proprement réflexive aurait sa place dans l'enseignement. Elle entraîne à la méthode, à la rigueur, au jeu linguistique, à la spéculation, à l'invention et contribue au maniement déculpabilisé du français écrit, du français parlé.
    L'ouvrage a obtenu en 1998 le Prix Logos de l'AELPL (Association Européenne des Linguistes et des Professeurs de Langues).

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