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A. CHERVEL

L'orthographe en crise à l'école. Et si l'histoire montrait le chemin ?, A. Chervel
Retz, 2008, 79 p.



L'orthographe française au XVIIe siècle était d'une telle difficulté qu'il était pratiquement impossible d'apprendre à lire en français sans commencer par le latin. La pression que les maîtres ont exercée a été à l'origine des simplifications et des régularisations orthographiques qui se sont poursuivies jusqu'en 1835, permettant l'invention de méthodes de lecture en français dès le XVIIIe siècle.
La grande affaire du XIXe siècle fut alors d'enseigner à tous les petits Français l'orthographe « active » qui, pendant des décennies, a constitué avec le calcul l'essentiel de l'enseignement scolaire. La culture populaire de la France contemporaine se forge au rythme des brevets élémentaires, dictées, certificats d'études...
Mais en 1880, Jules Ferry et Ferdinand Buisson introduisent l'enseignement du français à l'école et décident ainsi de réduire d'autant la place de l'orthographe et de la grammaire. Entrent alors dans les salles de classe des pratiques inconnues jusque-là : lecture et explication de la littérature française, récitation de poésies, pratique de la petite rédaction, exercices de vocabulaire, chant, leçon de choses. Depuis lors, le nouvel enseignement du français n'a cessé de se moderniser et s'est imposé à tous les niveaux de l'école et du collège, entraînant une forte baisse du niveau en orthographe.
Rendre aujourd'hui à tous les élèves la maîtrise de l'orthographe implique que l'on renoue avec la tradition des XVIIe et XVIIIe siècles. La réforme de l'orthographe avait permis à tous les Français d'apprendre à lire dans leur langue. Une autre réforme doit leur permettre aujourd'hui d'assimiler correctement l'écriture du français.

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Histoire de l'enseignement du français du XVIIe au XXe siècle, A. Chervel
Retz, 2006 (rédéd. 2008), 832 p.


L'ouvrage reprend, développe et synthétise l'essentiel des recherches menées par l'auteur depuis quarante ans sur l'histoire de l'enseignement du français. Appuyé sur une abondante documentation d'archive, il montre comment, depuis le XVIIe siècle, maîtres d'école, frères des écoles chrétiennes, régents, professeurs, religieuses enseignantes, précepteurs, maîtres de langue ont multiplié les tentatives et les expériences pour faire passer le message qu'ils avaient à délivrer. Ce sont eux qui ont imaginé, modifié en fonction des circonstances, amélioré, en un mot créé les différentes didactiques qui s'avéraient indispensables à ces différents apprentissages et à ces formations auxquelles nous avons tous nous-mêmes été confrontés : de l'orthographe à la dissertation en passant par la langue, la grammaire et la prononciation, les œuvres littéraires classiques, les techniques d'explication des textes, la reformulation et la réduction de texte, la composition française enfin.
Mais les disciplines, notamment la plus fondamentale d'entre elles qui est le « français », ne se contentent pas de reproduire à l'identique dans les populations d'élèves le savoir de leurs maîtres. On montre ainsi que l'orthographe française contemporaine est en grande partie une « invention » de l'école ; que la prononciation française a été passablement affectée par les enseignements scolaires ; que l'école a joué un rôle essentiel dans la façon d'écrire des Français, en particulier en inventant de nouveaux modes d'écriture, et ainsi de suite. Tout ce qui passe à travers les rouages des didactiques en ressort plus ou moins transformé. Les disciplines ont une fonction créative, innovante, dont le rôle n'a pas été suffisamment souligné jusqu'ici. L'histoire de l'enseignement du français est donc une pièce importante de l'histoire de la culture française.

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L'orthographe, C. Blanche-Benveniste & A. Chervel
Maspero, collection Les textes à l'appui, 1969, 238 p.



Hérissée de difficultés de tous ordres, de plus en plus mal assimilée, l'orthographe résiste victorieusement aux tentatives de simplification. Le « réformisme » s'est trop longtemps contenté de la vilipender, offrant des contre-attaques aisées aux partisans du statu quo.
Mais la crise de l'orthographe s'aggrave sans cesse, aux dires de tous les observateurs, et l'on voit poindre le jour où une intervention sera nécessaire.
Une description minutieuse du phénomène orthographique, appuyée sur une analyse linguistique des problèmes, oblige à renoncer à tout espoir de réforme : il apparaît impossible d'améliorer de l'intérieur un édifice à la fois aussi cohérent et aussi composite. La solution, découverte il y a quatre siècles, est d'ordre alphabétique. On ne peut pas réformer l'orthographe, on ne peut que la supprimer et donner aux français une nouvelle écriture, fondée sur la langue parlée. Utopie ?... Cette promotion de la langue parlée s'inscrit dans la perspective des bouleversements culturels du monde contemporain.

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Grammont

Les plus grands linguistes, comme Maurice Grammont, n'ont pas hésité à remplacer les lettres grecques et similaires par leurs correspondants français.

Maurice Grammont, Compte rendu du Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure, Revue des langues romanes, n° 53, 1916, p. 402-410.