"Une vieille affaire" : Mme Carrère d'Encausse

Le résumé extrait de la page de RTL. Ces propos n'engagent pas EROFA.
http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/la-langue-evolue-toute-seule-et-l-orthographe-aussi-declare-helene-carrere-d-encausse-7781894260

L'interview en MP3

"Les débats s’enchaînent et les tensions persistent. La réforme de l'orthographe se digère difficilement et ne semble pas passer. Invitée sur RTL, Hélène Carrère d'Encausse, historienne et secrétaire perpétuel de l'Académie française, explique les raisons de son opposition face à cette réforme qu'elle qualifie d'une "vieille affaire". En effet, cette réforme prévoyant la simplification de l'orthographe date de 1990, "c'est une invention d'il y a 25 ans. Ressusciter un truc, il vaut mieux inventer quelque chose de neuf", déclare l'historienne.

Cette réforme ne datant pas d'hier, les raisons de sa création restent encore floues. Hélène Carrère d'Encausse éclaircit l'affaire. Elle justifie l'arrivée de cette simplification de l'orthographe, notamment par son époque. "On était encore dans la foulée de 68, où des extrémistes voulaient complètement supprimer l’orthographe et faire quelque chose comme l’orthographe phonétique. C’est pour ça que Michel Rocard a mis une commission, pour faire quelque chose, ça a été un petit peu bricolé, et au fond il ne savait pas comment faire. L’Académie s’y est opposée pour une raison, c’est qu’elle ne voulait pas qu’on trafique la langue autoritairement".

Beaucoup demeurent opposés à cette réforme, Hélène Carrère d'Encausse préfère tempérer. "Le texte n’était pas mauvais, mais l’idée est qu’il ne fallait pas une réforme qui soit imposée. L’Académie n’a pas voté en disant ‘c’est mal’, elle a voté en disant ‘surtout, aucun décret d’application et laissons le temps faire son œuvre’". Selon l'historienne, on ne peut dompter la langue car "il y a quelque chose de vivant. Elle évolue toute seule et l'orthographe aussi".

" Nous sommes en train de former en parti une société d'analphabètes"
Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie Française

Ces vives tensions montrent un malentendu conséquent entre le gouvernement et l'Académie Française. Mais il s'agirait plutôt d'une "méconnaissance des vrais problèmes". L'historienne souligne qu'il est vital de prendre en considération le problème de l'éducation. "Pourquoi parler de l’orthographe alors que les gens ne savent pas écrire et que souvent ils ne savent pas lire ?", déclare-t-elle. Elle ajoute même : "Notre système éducatif s’est effondré. Toutes les enquêtes internationales montrent que nous régressons par rapport aux autres pays européens". Cet effondrement du système éducatif serait notamment dû à des réformes qui selon l'historienne "n'ont aucun sens" se basant sur un principe "imbécile", selon lequel une école doit distraire et surtout ne pas fatiguer.
L'opposition face à cette réforme ne semble pas provenir uniquement de l'Académie Française, puisqu'un sondage de l'Ifop pour le site Atlantico révèle que 80% des français sont totalement opposés à cette réforme. Hélène Carrère d'Encausse pense que cette réforme est utilisée afin de couvrir les véritables problèmes que connaît le système éducatif. "Si l'Éducation nationale avait le courage de dire que l'école est un endroit extraordinaire, qu'elle apporte le savoir, ça changerait tout", conclue-t-elle. "

 

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Grammont

Les plus grands linguistes, comme Maurice Grammont, n'ont pas hésité à remplacer les lettres grecques et similaires par leurs correspondants français.

Maurice Grammont, Compte rendu du Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure, Revue des langues romanes, n° 53, 1916, p. 402-410.